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Depuis de nombreuses années on entend parler de la nécessité de simplifier le millefeuille territorial, et à l’heure de la révolte fiscale des gilets jaunes il est intéressant de mettre des chiffres sur ce que ressentent les contribuables.

Pour l’échelon communal, à partir de 2003, les 16 communes de l’Albigeois ont transféré des compétences au fil des années au niveau de la Communauté d’agglo de l’Albigeois (C2A). Les dépenses de fonctionnement de la ville d’ALBI ont pourtant très peu baissé et repartent même à la hausse depuis 2013 à l’image des dépenses de personnel. Comme les collectivités locales doivent présenter un budget en équilibre, les augmentations de dépenses doivent être compensées par des augmentations de recettes. Pour ALBI cela se traduit par une augmentation de la fiscalité locale décidée cette année d’environ 4% en tenant compte de l’effet base.

Le budget du département du Tarn a lui aussi augmenté malgré des transferts de compétences vers la Région Occitanie ou les agglos, les charges de gestion augmentant en moyenne de 2,3% par an depuis 2012, essentiellement dû au Revenu de Solidarité Active ou à l’accueil des Mineurs étrangers. Là aussi l’exécutif a augmenté le taux du foncier bâti de 4,5% en 2017.

En 2016 le 1er budget issu de la fusion des 2 régions Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées était de 2,5 Milliards € et 2 ans plus tard le budget 2018 est de 3,5 Milliards € soit une augmentation de 1 Milliard € en 2 ans. La fiscalité directe et indirecte ayant augmentée de 700 Millions € !!! Ceci est dû en partie à une harmonisation systématique par le haut lors de la fusion par exemple pour le tarif des cartes grises ou le régime indemnitaire des agents territoriaux.

Si on ajoute le fait que la France verse 7 Milliards € de plus à l’Union Européenne qu’elle ne reçoit, que l’Etat est en déficit depuis Giscard et qu’il emprunte pour payer ses dépenses de fonctionnement contrairement aux collectivités territoriales pour lesquelles les emprunts sont exclusivement destinés à financer des investissements, on voit que le ras le bol fiscal est structurel et qu’il va falloir faire des choix rapidement afin de supprimer des échelons territoriaux pour alléger la fiscalité dans le temps.

Frédéric CABROLIER
Conseiller municipal et communautaire d’Albi
Conseiller régional d’Occitanie